Formation hygiène et salubrité Bordeaux : vos encres sont-elles conformes ? Ce que le règlement REACH a changé

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La formation hygiène et salubrité à Bordeaux aborde la stérilisation, la gestion des déchets et le matériel à usage unique, mais un sujet reste souvent flou une fois de retour au studio : la conformité des encres. Vous ouvrez un flacon acheté il y a deux ans, vous commandez une nouvelle gamme sur un site étranger, un client vous demande ce qu’il y a dedans. Savez-vous répondre avec certitude ?

Depuis janvier 2022, les règles européennes sur la composition des encres de tatouage et de maquillage permanent ont changé en profondeur. Ce n’est pas une nuance administrative : des pigments couramment utilisés avant cette date ne peuvent plus être commercialisés dans l’Union européenne, et l’étiquetage obéit désormais à des mentions imposées. Un contrôle de l’agence régionale de santé ou de la répression des fraudes peut porter sur ces éléments.

Cet article traite uniquement des encres. Le matériel à usage unique, la stérilisation et la conception du poste de travail sont couverts ailleurs. Vous trouverez ici la logique du texte européen, la façon de lire une étiquette ligne par ligne, les documents à réclamer à votre fournisseur, une méthode de traçabilité des lots tenable au quotidien et les signaux qui doivent vous alerter sur un fournisseur. Que vous exerciez à Bordeaux centre, à Talence ou à Mérignac, les mêmes exigences s’appliquent.

1. Ce que le règlement REACH a changé pour les encres depuis 2022

1.1 Une restriction inscrite à l’annexe XVII

Le règlement REACH encadre la fabrication et la mise sur le marché des substances chimiques dans l’Union européenne. Son annexe XVII liste les restrictions applicables à certaines substances et à certains usages. Les encres de tatouage et de maquillage permanent y ont fait leur entrée par le règlement (UE) 2020/2081 de la Commission, qui a ajouté une entrée spécifique consacrée à ces mélanges.

Le texte est applicable depuis le 4 janvier 2022. Il ne vise pas le geste de tatouage, il vise la composition de ce qui est injecté dans le derme. La logique retenue est simple : une substance interdite dans un produit cosmétique appliqué sur la peau n’a pas de raison d’être autorisée dans un produit introduit sous la peau. La restriction reprend donc les classifications de danger existantes et les transpose au tatouage.

Un point mérite d’être compris. Cette restriction s’adresse à ceux qui fabriquent, importent ou mettent sur le marché les encres. En tant que professionnel qui les utilise, vous n’êtes pas le destinataire direct du texte. En revanche, vous engagez votre responsabilité en travaillant avec un produit non conforme, et c’est vous que le client viendra voir en cas de réaction.

1.2 Les familles de substances visées

La restriction interdit dans les encres les substances qui portent certaines classifications au titre du règlement CLP sur la classification et l’étiquetage. Sont concernées les substances cancérogènes, mutagènes ou toxiques pour la reproduction, les sensibilisants cutanés, les substances corrosives ou irritantes pour la peau, et celles provoquant des lésions ou irritations oculaires graves.

À cette approche par classification s’ajoutent des interdictions nommées. Certains colorants azoïques susceptibles de libérer des amines aromatiques, des hydrocarbures aromatiques polycycliques, le méthanol et plusieurs métaux figurent dans la liste, avec des concentrations maximales très basses pour ceux dont la présence à l’état de trace ne peut pas être totalement évitée. L’Agence européenne des produits chimiques maintient une page de référence sur les encres de tatouage et le maquillage permanent qui détaille ce périmètre.

Concrètement, une gamme d’encres formulée avant 2022 et jamais reformulée a peu de chances d’être conforme. Les fabricants sérieux ont revu leurs formules, changé certains pigments et publié de nouvelles fiches. Ceux qui n’ont rien changé écoulent parfois encore leurs stocks par des canaux détournés.

1.3 Le cas du Pigment Blue 15:3 et du Pigment Green 7

Deux pigments ont fait l’objet d’un traitement particulier. Le Pigment Blue 15:3 et le Pigment Green 7, très utilisés et sans équivalent immédiat au moment de l’adoption du texte, ont bénéficié d’une période de transition supplémentaire de vingt-quatre mois. Leur restriction s’applique depuis le 4 janvier 2023.

Cette différence de calendrier a créé une confusion durable dans la profession. Des tatoueurs bordelais ont conservé des flacons achetés en 2022 en pensant qu’ils resteraient utilisables indéfiniment. La règle est pourtant claire : ce qui ne peut plus être mis sur le marché ne doit plus être utilisé dans un cadre professionnel, quelle que soit la date d’achat. Un stock ancien n’est pas un droit acquis.

Les gammes de remplacement existent aujourd’hui pour les bleus et les verts. Le rendu diffère parfois légèrement, ce qui explique la réticence de certains artistes. C’est un sujet de discussion légitime entre professionnels, mais il se règle en cabine, pas en conservant des flacons interdits.

2. Le cadre français : produits de tatouage et Code de la santé publique

2.1 La définition légale d’un produit de tatouage

Le droit français encadrait les encres avant même la restriction européenne. Les articles L513-10-1 à L513-10-10 du Code de la santé publique définissent le produit de tatouage comme une substance ou préparation colorante destinée, par effraction cutanée, à créer une marque sur les parties superficielles du corps humain.

Cette définition inclut les encres de tatouage et les pigments de maquillage permanent. Elle ne dit rien du geste ni du matériel, seulement du produit coloré. Ce chapitre du code organise la surveillance de ces produits, les obligations des fabricants et le dispositif de vigilance.

2.2 Ce qui pèse sur les fabricants et les importateurs

Les établissements qui fabriquent, conditionnent ou importent des produits de tatouage doivent se déclarer auprès des autorités. Les modalités de cette déclaration ont été précisées par l’arrêté du 11 décembre 2023, qui fixe la liste des informations à fournir. Cette obligation concerne l’amont de la chaîne, pas le studio qui achète des flacons finis.

Retenez la conséquence pratique : un fabricant établi en France ou un importateur qui met une gamme sur le marché français est identifiable. Si votre fournisseur ne peut pas vous dire qui fabrique et qui importe, vous achetez à l’aveugle.

2.3 Ce qui relève de vous, professionnel installé

Votre obligation principale porte sur l’utilisation de produits conformes et sur la traçabilité. La fiche pratique de la DGCCRF consacrée au tatouage rappelle les règles applicables aux professionnels et les points de contrôle habituels.

S’y ajoute une obligation de vigilance. Un tatoueur qui constate un effet indésirable susceptible d’être lié à un produit de tatouage doit le déclarer à l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé. Cette déclaration n’est pas un aveu de faute, c’est un signalement sanitaire. Elle contribue au retrait des lots problématiques et protège la profession.

Enfin, la déclaration d’activité auprès de l’agence régionale de santé et l’attestation de formation hygiène et salubrité restent les deux pièces que l’on vous demandera en premier lors d’un contrôle. Le détail figure dans notre article sur les obligations légales de la formation Hygiène et Salubrité à Bordeaux.

3. Lire une étiquette d’encre conforme, ligne par ligne

3.1 Les mentions imposées par la restriction

Une encre destinée au marché européen doit porter sur son étiquette la mention indiquant qu’il s’agit d’un mélange à utiliser pour le tatouage ou le maquillage permanent. Cette phrase paraît triviale, elle est en réalité discriminante : un pigment vendu comme colorant industriel, comme peinture ou comme produit cosmétique classique ne porte pas cette mention et ne relève pas du même régime.

L’étiquette doit également comporter un numéro de référence permettant d’identifier le lot, la liste des ingrédients, et les mentions de sécurité correspondant à la composition. Lorsque des traces de nickel ou de chrome hexavalent ne peuvent pas être évitées, des avertissements spécifiques sur le risque de réactions allergiques doivent figurer sur le conditionnement.

3.2 Liste d’ingrédients et numéros de Colour Index

La liste des ingrédients est l’élément le plus utile pour vous. Les pigments y apparaissent sous leur dénomination Colour Index, sous la forme CI suivie de cinq chiffres. Un flacon qui affiche seulement un nom commercial et une couleur, sans aucun numéro CI, ne vous permet pas de vérifier quoi que ce soit.

Prenez l’habitude de noter les numéros CI des références que vous utilisez régulièrement. Si un pigment fait l’objet d’une alerte ou d’un retrait, vous saurez immédiatement si vous êtes concerné. Cette habitude prend cinq minutes par référence et évite de devoir fouiller tout un stock dans l’urgence.

3.3 Les pièges d’étiquetage les plus fréquents

Trois situations reviennent régulièrement chez les professionnels bordelais qui font le point sur leur stock. Le premier cas est l’étiquette entièrement en anglais sur un produit vendu en France, sans version française des mentions de sécurité. Le deuxième est l’autocollant récent collé par-dessus une étiquette d’origine, qui traduit souvent une remise en conformité de façade. Le troisième est l’absence de date de durabilité ou de date de péremption après ouverture, alors que ces informations conditionnent la sécurité d’usage.

Aucun de ces indices ne prouve à lui seul une non-conformité. Ensemble, ils justifient d’écrire à votre fournisseur et de demander des pièces. Un fournisseur sérieux répond en quarante-huit heures avec des documents. Un fournisseur qui élude est déjà une réponse.

3.4 Le cas particulier du maquillage permanent et du microblading

Les pigments de maquillage permanent relèvent exactement du même régime que les encres de tatouage. La restriction européenne vise explicitement les deux usages, et la définition française du produit de tatouage couvre toute préparation colorante introduite par effraction cutanée. Un pigment vendu pour la dermopigmentation des sourcils, des lèvres ou de la ligne des cils n’échappe donc à aucune de ces règles.

Une confusion circule pourtant chez les dermographes : celle qui consiste à ranger ces pigments du côté du cosmétique parce que le geste est esthétique et la profondeur d’implantation faible. La logique réglementaire ne retient pas ce raisonnement. Dès qu’il y a effraction cutanée, le produit sort du champ cosmétique. Un flacon étiqueté « usage cosmétique » ne convient donc pas, quelle que soit la promesse commerciale du vendeur.

Cette clarification a des conséquences pratiques pour les instituts bordelais qui proposent à la fois des soins esthétiques et du maquillage permanent. Deux familles de produits cohabitent dans le même local, avec deux régimes différents. Les séparer physiquement et les tracer séparément évite les erreurs de prélèvement en cabine. Notre guide consacré au maquillage permanent et à la formation Hygiène et Salubrité revient sur les spécificités de cette activité.

4. Déclaration de conformité et fiche technique : quels documents exiger

4.1 Ce qu’est une déclaration de conformité

Une déclaration de conformité est un document par lequel le fabricant ou l’importateur affirme que le produit respecte la réglementation applicable, en citant les textes concernés. Elle doit identifier le produit, la référence, le responsable de la mise sur le marché et les textes visés, dont la restriction relative aux encres de tatouage.

Ce document n’est pas un certificat délivré par une autorité publique. Personne ne tamponne les encres une par une. C’est un engagement du professionnel qui met le produit sur le marché, engagement qui peut être contrôlé et qui engage sa responsabilité. Une déclaration qui ne cite aucun texte précis, ou qui se contente d’une formule générale du type « conforme aux normes européennes », ne vaut pas grand-chose.

4.2 Les trois pièces à réclamer systématiquement

Pour chaque gamme que vous utilisez, demandez la déclaration de conformité mentionnant explicitement la restriction applicable aux encres de tatouage, la fiche technique du produit indiquant la composition qualitative avec les numéros CI, et un rapport d’analyse récent réalisé par un laboratoire indépendant sur un lot identifié.

Ces trois documents forment un dossier fournisseur. Rangez-les dans un classeur ou un dossier numérique, une entrée par gamme, avec la date de réception. En cas de contrôle, présenter ce dossier change complètement la teneur de l’échange. Vous démontrez une démarche de vérification active, ce qui est exactement l’esprit de la formation hygiène et salubrité.

4.3 Lire un rapport d’analyse sans être chimiste

Un rapport d’analyse comporte toujours les mêmes blocs. L’identification du produit et du lot analysé, la liste des paramètres recherchés, la méthode utilisée, les résultats avec les limites de quantification, et une conclusion. Vous n’avez pas besoin de comprendre la spectrométrie pour l’exploiter.

Trois vérifications suffisent. Le numéro de lot analysé correspond-il à un lot que vous avez réellement reçu, ou le rapport date-t-il de trois ans sur une autre production ? Les paramètres recherchés couvrent-ils les familles visées par la restriction, notamment les amines aromatiques, les hydrocarbures aromatiques polycycliques et les métaux ? Le laboratoire est-il identifié avec ses coordonnées, ou s’agit-il d’un document anonyme ? Un rapport qui échoue sur l’un de ces trois points ne vous protège pas.

5. La traçabilité des lots dans votre studio

5.1 Pourquoi le numéro de lot est le pivot de tout

La traçabilité repose sur un identifiant unique : le numéro de lot. C’est lui qui relie un flacon à une production, à une analyse, à un fournisseur et à une date. En cas de rappel, l’information diffusée porte sur des lots, jamais sur des couleurs.

Sans registre, un rappel vous oblige à ouvrir chaque tiroir et à comparer chaque flacon. Avec un registre, vous savez en deux minutes si vous êtes concerné, quels clients ont été tatoués avec ce lot et sur quelle période. Cette capacité de réponse rapide est ce qui distingue un studio professionnel d’un studio approximatif.

5.2 Un registre simple et tenable

Le registre efficace tient en une feuille de calcul avec sept colonnes : date de réception, fournisseur, marque et référence, couleur, numéro de lot, date de durabilité, date d’ouverture. Une ligne par flacon reçu. Vous complétez au déballage de la commande, pas plus tard.

Ajoutez une colonne libre pour noter la date de fin d’utilisation d’un flacon. Le croisement entre vos dates d’ouverture et vos fiches de séance permet, si nécessaire, de reconstituer quel lot a servi pour quelle prestation. Certains studios de la métropole bordelaise vont plus loin en notant le numéro de lot directement sur la fiche de consentement du client. C’est la méthode la plus sûre, et elle demande dix secondes de plus par séance.

5.3 Ce que vous devez pouvoir montrer lors d’un contrôle

Un agent de l’agence régionale de santé ou de la répression des fraudes qui s’intéresse à vos encres cherche trois choses : des produits étiquetés conformément à la réglementation, une capacité à identifier l’origine de ces produits, et une cohérence entre ce qui est en rayon et ce qui est déclaré.

L’attestation de formation hygiène et salubrité fait partie du même bloc documentaire, tout comme la déclaration d’activité auprès de l’agence. Notre article consacré à la façon de rester conforme après la formation hygiène et salubrité détaille l’ensemble de ces pièces et leur mise à jour dans le temps.

5.4 Étendre le registre aux autres consommables

Le raisonnement appliqué aux encres vaut pour l’ensemble de ce qui entre en contact avec la peau du client. Aiguilles et cartouches stériles, buses, capuchons, gants, films de protection, produits de préparation cutanée : tous portent un numéro de lot et une date de péremption, et tous peuvent faire l’objet d’un rappel.

Un registre unique, avec une colonne indiquant la nature du consommable, évite de multiplier les fichiers. La colonne « date d’ouverture » n’a de sens que pour les produits en flacon, laissez-la vide pour le matériel stérile à usage unique. L’important est de pouvoir remonter d’un incident vers un lot en quelques minutes, quel que soit le produit concerné.

Cette organisation documentaire est l’un des points sur lesquels un studio se distingue durablement. Elle ne demande aucun investissement, seulement une habitude prise au déballage des commandes et tenue dans la durée.

6. Reconnaître un fournisseur qui pose problème

6.1 Les indices sur le site et le catalogue

Un fournisseur fiable affiche une adresse physique complète, un numéro d’identification d’entreprise, des conditions générales de vente lisibles et un interlocuteur joignable. Il indique clairement qui fabrique et qui importe. Il met à disposition les fiches techniques en téléchargement, sans qu’il faille les réclamer.

À l’inverse, méfiez-vous d’un catalogue qui propose des gammes retirées du marché européen, de prix nettement inférieurs à ceux du marché sur des références identiques, de la mention « pour usage cosmétique uniquement » sur un produit vendu à des tatoueurs, ou d’une expédition depuis un pays tiers avec une facturation par un intermédiaire opaque. L’achat en ligne à l’international est le canal par lequel arrivent la plupart des produits non conformes.

6.2 Les indices sur le colis et le flacon

À la réception, quelques secondes d’observation suffisent. Un opercule d’inviolabilité absent ou déjà rompu, une étiquette imprimée sur papier ordinaire et collée de travers, un flacon dont le bouchon ne correspond pas au modèle de la marque, une absence totale de numéro de lot : chacun de ces éléments doit déclencher une mise à l’écart du produit et un appel au fournisseur.

Photographiez le colis et le flacon avant de renvoyer quoi que ce soit. Si le produit s’avère non conforme, ces photos serviront pour votre réclamation et, le cas échéant, pour un signalement.

6.3 Que faire d’un stock douteux

La règle est de ne pas utiliser un produit sur lequel pèse un doute sérieux. Isolez les flacons concernés dans un contenant fermé, identifié, hors de la zone de travail. N’essayez pas de « finir le flacon », le risque n’est pas proportionnel à la quantité restante.

Contactez le fournisseur par écrit en demandant les documents manquants et en fixant un délai. Sans réponse satisfaisante, traitez le produit comme un déchet et non comme un stock. Si vous avez des raisons de penser que des encres non conformes circulent, un signalement à la direction départementale de la protection des populations de la Gironde ou à l’agence régionale de santé permet de faire remonter l’information.

7. Ce que la formation hygiène et salubrité apporte sur ce sujet

7.1 Une formation de 21 heures encadrée par arrêté

La formation obligatoire pour les personnes qui pratiquent le tatouage par effraction cutanée et le perçage corporel est encadrée par l’arrêté du 5 mars 2024, pris en application de l’article R. 1311-3 du Code de la santé publique. Ce texte fixe une durée minimale de vingt et une heures réparties sur trois jours, dont sept heures consacrées à la pratique, et impose une équipe pédagogique associant un professionnel du tatouage et du perçage et un formateur qualifié en hygiène hospitalière.

Le programme couvre les règles générales d’hygiène, la stérilisation, la gestion des déchets d’activités de soins à risques infectieux, les risques allergiques et infectieux, la réglementation applicable et les obligations déclaratives. La question des produits utilisés y trouve naturellement sa place. Notre article dédié à ce que prévoit l’arrêté du 5 mars 2024 pour les tatoueurs et perceurs revient en détail sur ce texte.

7.2 Du réflexe individuel au protocole de studio

La différence entre un professionnel formé et un professionnel autodidacte se voit rarement sur le geste technique. Elle se voit sur les protocoles écrits, la gestion documentaire et la capacité à justifier ses choix. Un studio qui a formalisé sa procédure de réception des encres, son registre de lots et son dossier fournisseur absorbe un contrôle sans stress. La question de savoir qui doit être formé dans un studio, du gérant à l’apprenti, relève du même travail d’organisation.

Cette dimension rejoint la prévention du risque infectieux et allergique, traitée dans notre article sur la prévention des risques biologiques dans son activité. Encre non conforme et hygiène défaillante produisent le même type de conséquence : une réaction chez le client, une plainte, une enquête.

7.3 Se former à Bordeaux avec TBC Formation

TBC Formation est un organisme certifié Qualiopi implanté 6 Quai de Paludate, dans le secteur Saint-Jean à Bordeaux. Sa localisation en centre-ville facilite l’accès depuis Bègles, Talence, Pessac, Le Bouscat ou la rive droite, sans immobiliser une journée supplémentaire de trajet pour des professionnels qui ferment leur studio pendant la formation.

Le parcours suit les exigences de l’arrêté du 5 mars 2024 et s’adresse aussi bien aux tatoueurs qu’aux perceurs et aux professionnels du maquillage permanent. Les questions de conformité produit, de traçabilité et de relation fournisseur y sont abordées à partir de cas réels, parce qu’elles conditionnent la sécurité du client autant que le geste technique. La présentation complète figure sur la page de la formation Hygiène et Salubrité pour les tatoueurs et perceurs à Bordeaux.

Questions fréquentes sur les encres et la conformité REACH

Puis-je encore utiliser un flacon acheté avant janvier 2022 ?

Non, si la formule contient une substance désormais restreinte. Un produit qui ne peut plus être mis sur le marché européen ne doit pas être utilisé dans un cadre professionnel, même s’il a été acheté légalement à l’époque. La date d’achat ne crée pas de droit acquis. Vérifiez la composition à partir de la fiche technique du fabricant et, en cas de doute persistant, écartez le flacon.

Comment savoir si une encre est conforme au règlement REACH ?

Trois vérifications successives. L’étiquette porte-t-elle la mention indiquant que le mélange est destiné au tatouage ou au maquillage permanent, un numéro de lot et une liste d’ingrédients avec les numéros de Colour Index ? Le fournisseur fournit-il une déclaration de conformité citant explicitement la restriction applicable ? Un rapport d’analyse récent, portant sur un lot identifié et émis par un laboratoire nommé, est-il disponible ? Une réponse négative sur l’un de ces points justifie de suspendre l’usage du produit.

Le Pigment Blue 15:3 est-il totalement interdit aujourd’hui ?

Ces deux pigments, le Pigment Blue 15:3 et le Pigment Green 7, ont bénéficié d’une période de transition de vingt-quatre mois supplémentaires par rapport au reste de la restriction. Cette période a pris fin le 4 janvier 2023. Depuis cette date, ils relèvent du régime commun. Des gammes de remplacement existent chez les principaux fabricants et sont utilisées couramment dans les studios français.

Suis-je responsable si l’encre que j’ai achetée était non conforme ?

La responsabilité première de la mise sur le marché incombe au fabricant ou à l’importateur. Cela ne vous exonère pas. En tant que professionnel, vous êtes tenu d’une vigilance sur les produits que vous introduisez dans la peau d’un client. Un studio qui n’a demandé aucun document, acheté sur un site étranger sans identification claire et tenu aucun registre se retrouve en position difficile. Un studio qui a constitué un dossier fournisseur démontre au contraire une démarche de vérification.

Faut-il déclarer une réaction cutanée chez un client ?

Un effet indésirable susceptible d’être lié à un produit de tatouage doit être signalé à l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé. Ce signalement alimente le dispositif de vigilance et permet, le cas échéant, le retrait d’un lot. Documentez le cas de votre côté : date, produit, numéro de lot, description de la réaction, suites. Orientez évidemment le client vers un médecin.

Quelle différence entre une fiche de données de sécurité et une déclaration de conformité ?

La fiche de données de sécurité est un document destiné à informer sur les dangers d’une substance ou d’un mélange et sur les précautions de manipulation. Elle n’atteste pas de la conformité à une restriction. La déclaration de conformité, elle, affirme que le produit respecte les textes applicables, en les citant. Les deux sont utiles, mais seule la seconde répond à la question de la conformité réglementaire.

La formation hygiène et salubrité aborde-t-elle vraiment les encres ?

Le programme fixé par l’arrêté du 5 mars 2024 couvre la réglementation applicable à l’activité, les risques allergiques et infectieux et les obligations du professionnel. Les produits utilisés entrent dans ce champ, puisqu’ils constituent l’une des sources de risque allergique et l’un des points de contrôle réguliers. La profondeur du traitement varie selon les organismes, ce qui justifie de poser la question avant de s’inscrire.

Combien de temps dois-je conserver mon registre de lots ?

Aucune durée universelle ne s’impose au registre d’encres lui-même. La pratique raisonnable consiste à l’aligner sur la durée de conservation de vos fiches clients et de vos documents comptables, soit plusieurs années. Une réaction cutanée tardive ou une réclamation peut survenir longtemps après la prestation. Un registre archivé, même sous forme de fichier, ne coûte rien à conserver et peut vous servir.

Pour conclure

La conformité des encres n’est pas une affaire de chimie, c’est une affaire de méthode. Trois réflexes suffisent à sécuriser un studio : lire l’étiquette avant d’ouvrir le flacon, constituer un dossier documentaire par gamme, tenir un registre de lots alimenté à chaque réception. Ces trois gestes prennent quelques minutes par commande et transforment une zone de risque en point fort.

Le règlement REACH a resserré ce qui peut entrer dans une encre, le Code de la santé publique organise la surveillance des produits de tatouage, et l’arrêté du 5 mars 2024 fixe le cadre de votre formation obligatoire. Ces trois textes se complètent. Les connaître ne fait pas de vous un juriste, cela fait de vous un professionnel qui sait répondre à un client, à un fournisseur et à un contrôleur.

Vous exercez le tatouage, le perçage ou le maquillage permanent à Bordeaux, à Mérignac, à Bègles ou ailleurs en Gironde et vous souhaitez suivre ou renouveler votre formation hygiène et salubrité ? Contactez-nous pour connaître les prochaines sessions de TBC Formation en Nouvelle-Aquitaine. Notre fiche Google Business Profile rassemble également les avis des professionnels que nous avons formés.

TBC Formation
6 Quai de Paludate, 33800 Bordeaux
+33 05 56 08 52 55
tbcformation.com

 

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