Formation certibiocide : lutte intégrée contre les nuisibles, comment traiter moins et mieux ?

formation certibiocide à Bordeaux - TBC Formation

La formation certibiocide est souvent abordée comme une obligation à cocher avant de pouvoir acheter des produits professionnels. Cette lecture passe à côté de l’essentiel. Le vrai sujet du certificat n’est pas le droit d’acheter, c’est la capacité à décider si un produit doit être utilisé, quand, et à quelle dose. Autrement dit : à traiter moins et à traiter mieux.

Le réflexe produit reste puissant dans le métier. Un client signale des blattes, on programme une pulvérisation. Un syndic parle de rats, on pose des appâts. Ce fonctionnement donne des résultats visibles à court terme et des échecs répétés à moyen terme, parce qu’il traite les individus présents sans toucher aux causes de leur présence. Il fabrique aussi, année après année, des populations résistantes aux matières actives disponibles.

Cet article présente l’approche inverse : la lutte intégrée. Diagnostic avant intervention, mesures préventives et mécaniques en première ligne, seuils d’intervention définis à l’avance, produit biocide en dernier recours et rotation raisonnée des matières actives. Trois situations réelles servent d’illustration : punaises de lit, rongeurs et moustique tigre. Que vous interveniez à Bordeaux, à Mérignac ou dans les communes de la rive droite, cette méthode change autant vos résultats que votre argumentaire commercial.

1. La lutte intégrée : de quoi parle-t-on exactement ?

1.1 Une méthode née en agronomie, transposée à l’hygiène

La lutte intégrée, souvent désignée par son acronyme anglais IPM pour integrated pest management, est née dans les années 1960 en protection des cultures. Le constat de départ était simple : l’usage systématique des insecticides détruisait les auxiliaires naturels, sélectionnait des populations résistantes et augmentait les coûts sans améliorer durablement les rendements.

Le principe retenu consiste à combiner plusieurs leviers plutôt qu’à s’appuyer sur un seul. Connaissance de la biologie de l’espèce, prévention, surveillance, actions mécaniques et physiques, et recours chimique limité aux situations qui le justifient. Cette logique s’est ensuite étendue à l’hygiène du bâtiment, à la restauration collective, à l’hôtellerie et à l’habitat.

La réglementation européenne s’inscrit dans cet esprit. Le règlement (UE) n° 528/2012 relatif aux produits biocides organise l’évaluation des substances actives et conditionne la mise sur le marché à une autorisation. Le principe qui traverse le texte est celui de la réduction des risques pour la santé humaine et l’environnement, ce qui suppose de ne pas traiter par défaut.

1.2 Les cinq étapes d’une démarche intégrée

Une intervention conduite selon cette méthode suit toujours la même séquence. Identifier précisément l’espèce et l’ampleur de sa présence. Comprendre ce qui la nourrit, l’abrite et lui donne accès aux lieux. Agir sur ces facteurs par des mesures d’exclusion, d’hygiène et d’aménagement. Surveiller avec des dispositifs de détection et des relevés datés. N’employer un produit biocide que si la surveillance montre un dépassement du seuil défini et si les autres leviers ne suffisent pas.

Cette séquence n’est pas une contrainte administrative. Elle correspond à ce que fait spontanément un technicien expérimenté, sauf qu’elle est écrite, tracée et opposable. C’est cette formalisation qui permet de justifier une intervention auprès d’un client, d’un assureur ou d’un contrôleur.

1.3 Pourquoi le réflexe produit reste dominant

Trois raisons expliquent la persistance du tout chimique. La première est économique : une pulvérisation se facture, un conseil de remise en état des locaux beaucoup moins facilement. La deuxième est relationnelle : un client veut voir quelque chose se passer, et l’odeur d’un produit rassure paradoxalement plus qu’un rapport de diagnostic. La troisième est structurelle : les tournées d’appâtage périodiques offrent un contrat récurrent et prévisible.

Sortir de ce schéma demande de reconstruire l’offre commerciale. Facturer un diagnostic, vendre un plan d’action plutôt qu’un passage, proposer un abonnement de surveillance plutôt qu’un abonnement de traitement. Plusieurs entreprises de Bordeaux Métropole ont fait cette transition et constatent une meilleure fidélisation, parce que le client voit ses problèmes se résoudre au lieu de revenir. C’est aussi une façon de transformer une obligation réglementaire en avantage concurrentiel.

2. Le diagnostic : identifier avant de traiter

2.1 Reconnaître l’espèce et lire les indices

Une intervention mal ciblée est une intervention perdue. Blatte germanique et blatte orientale ne vivent pas aux mêmes endroits et ne se traitent pas de la même façon. Rat surmulot et souris grise n’ont ni le même rayon d’action, ni la même méfiance vis-à-vis des nouveaux objets, ni les mêmes besoins en eau. Puce, punaise de lit et acarien produisent des piqûres que le client confond systématiquement.

La lecture des indices constitue donc la première compétence technique. Déjections et leur forme, traces de passage et coulées de gras, dégâts de rongement, mues, odeurs caractéristiques, taches sur les coutures d’un matelas. Un professionnel formé identifie l’espèce sur ces éléments, sans attendre de voir un individu vivant.

2.2 Cartographier l’infestation et remonter à la source

Une fois l’espèce identifiée, la question devient : d’où viennent-ils et jusqu’où vont-ils ? Cette cartographie se fait sur un plan des lieux, avec les points d’observation, les dispositifs de détection posés et les zones à risque. Dans un immeuble, elle traverse les logements et les parties communes. Dans un restaurant, elle suit les réseaux techniques, les gaines et les zones de stockage.

L’erreur classique consiste à traiter le point où le client a vu quelque chose. Une souris aperçue dans une salle à manger vit rarement dans la salle à manger. Le foyer se trouve dans un vide sanitaire, un faux plafond ou un local technique, et c’est là que se joue le résultat.

2.3 Les facteurs favorisants, cible réelle de l’intervention

Chaque espèce a ses besoins : nourriture, eau, abri, température, accès. Un diagnostic complet liste ce que le site offre sur chacun de ces points. Une fuite sous un évier, une porte coupe-feu qui ne joint plus, un local à ordures dont le sol est poreux, un stock posé à même le mur, un composteur mal fermé dans une cour intérieure.

Ces constats forment le corps du rapport remis au client. Ils transforment un devis de traitement en plan d’action partagé, avec ce qui relève du prestataire et ce qui relève du gestionnaire du site. Cette répartition écrite protège l’entreprise en cas de réinfestation liée à des travaux jamais réalisés.

3. Prévention et mesures mécaniques : la plus grande part du travail

3.1 L’exclusion, premier levier

L’exclusion consiste à empêcher physiquement l’accès. Grillage inox sur les entrées d’air, bas de porte joint, obturation des passages de câbles et de canalisations, siphons en état, grilles d’évacuation scellées. Une souris passe par un orifice de six millimètres, un rat par un orifice de vingt millimètres. Ces chiffres commandent le choix des matériaux.

Le travail d’exclusion est long, peu spectaculaire et souvent négligé. Il est pourtant le seul dont l’effet perdure sans renouvellement. Un local correctement fermé reste fermé, alors qu’un appât consommé doit être remplacé indéfiniment.

3.2 Hygiène, gestion des déchets et rangement

Supprimer la ressource alimentaire produit un effet plus rapide qu’on ne l’imagine. Fermeture des conteneurs, fréquence de sortie des déchets, nettoyage des zones de graisse derrière les équipements, stockage sur étagères à quinze centimètres du sol et du mur, suppression des cartons de livraison qui servent de refuge et de moyen de transport aux blattes.

Dans la restauration, la zone à traiter en priorité est presque toujours la même : le dessous et l’arrière des équipements de cuisson, le local à déchets et la zone de plonge. Un protocole de nettoyage écrit et affiché produit davantage de résultats qu’une pulvérisation trimestrielle.

3.3 Piégeage, aspiration et traitement thermique

Les moyens mécaniques et physiques ont beaucoup progressé. Pièges à glu et pièges mécaniques pour les rongeurs, pièges à phéromones pour la surveillance des insectes, aspiration pour retirer une population visible de punaises ou de blattes, vapeur sèche et traitement thermique pour les punaises de lit, cryogénie sur des zones ciblées.

Ces techniques ont deux avantages majeurs. Elles ne sélectionnent pas de résistance, contrairement aux matières actives. Elles produisent une preuve visible, ce qui aide considérablement dans la relation avec un client sceptique. Un bac de captures montré en fin d’intervention vaut mieux qu’un long discours.

3.4 Vendre la prévention à un client qui attend un traitement

La difficulté commerciale de cette approche est réelle. Un gestionnaire qui appelle après avoir vu un rat veut une action immédiate, pas un rapport listant des travaux à sa charge. La façon de présenter le plan change tout.

Trois formulations fonctionnent mieux que les autres. Chiffrer le coût de l’inaction plutôt que le coût des travaux : un local à déchets refait une fois coûte moins cher que quatre passages annuels reconduits pendant cinq ans. Séparer clairement ce que vous prenez en charge et ce qui relève du site, avec des délais, pour que le client sache exactement ce qu’on attend de lui. Prévoir une action immédiate visible le jour du diagnostic, même limitée, parce que repartir sans rien faire est rarement accepté.

Certaines entreprises bordelaises ont formalisé ce format en deux documents distincts : un rapport de diagnostic remis sous quarante-huit heures, puis un plan d’action chiffré avec des jalons. Cette séparation évite que le diagnostic soit lu comme un simple préambule au devis, et elle donne au gestionnaire un support exploitable en conseil syndical ou en réunion d’exploitation.

4. Les seuils d’intervention : décider quand traiter

4.1 La notion de seuil de tolérance

Un seuil d’intervention est le niveau de présence à partir duquel une action corrective devient nécessaire. Il n’est pas universel : il dépend du site, de l’activité et du risque associé. Une souris dans un entrepôt de matériaux et une souris dans un laboratoire agroalimentaire n’appellent pas la même réponse.

Définir les seuils avec le client, par écrit et avant l’incident, change complètement la conduite du contrat. Le déclenchement d’une action n’est plus une décision négociée dans l’urgence, c’est l’application d’une règle convenue. Cette clarté évite les traitements de confort demandés par un gestionnaire inquiet et les interventions tardives sur un site laissé sans surveillance.

4.2 Surveillance, relevés et courbes

La surveillance repose sur des dispositifs de détection non toxiques : pièges de capture, plaques de glu, postes de détection sans appât actif, indicateurs de consommation. Chaque dispositif est numéroté, positionné sur le plan et relevé à intervalle régulier. Les relevés sont datés et consignés.

L’intérêt d’un historique tient à ce qu’il révèle des tendances plutôt que des instantanés. Trois captures sur un même piège pendant trois semaines consécutives n’ont pas la même signification que trois captures réparties sur six mois. Cette lecture de la dynamique est ce qui permet d’anticiper au lieu de réagir. Elle nourrit aussi le rapport annuel remis au client, document qui justifie le renouvellement du contrat.

4.3 Le produit biocide en dernier recours, et à la bonne dose

Quand le seuil est franchi et que les leviers non chimiques ne suffisent pas, le traitement se justifie. Il se conçoit alors comme une action ciblée et limitée dans le temps, pas comme une routine. Le choix du produit repose sur son autorisation de mise sur le marché, sur son adéquation à l’espèce et au contexte, et sur les conditions d’emploi fixées par l’étiquette.

C’est l’ANSES qui évalue et autorise les produits biocides en France et qui tient le catalogue des produits déclarés sur le marché. Vérifier qu’un produit dispose d’une autorisation valide et respecter les usages prévus fait partie des réflexes acquis en formation. Le ministère de la Transition écologique consacre également une rubrique aux produits biocides qui rappelle le cadre applicable et la classification par types de produits.

5. Trois situations de terrain

5.1 Punaises de lit : le cas d’école de la lutte intégrée

Les punaises de lit sont devenues un problème de santé publique en France, au point de faire l’objet d’un plan interministériel de lutte contre les infestations. Les travaux de l’Anses sur le sujet convergent vers une conclusion nette : les stratégies combinant actions mécaniques, thermiques et chimiques sont efficaces pour éradiquer les populations en habitat collectif, alors qu’un traitement chimique seul échoue fréquemment.

La séquence qui fonctionne est connue. Détection par inspection minutieuse des coutures de matelas, sommiers, plinthes et cadres de tableaux, complétée si nécessaire par des pièges. Préparation des lieux avec le client : lavage du linge à haute température, mise en sacs hermétiques, désencombrement. Aspiration soignée avec élimination immédiate du sac. Traitement thermique ou vapeur sur les zones accessibles. Recours ciblé à un insecticide autorisé sur les zones résiduelles. Contrôle programmé entre deux et trois semaines plus tard, puis un second contrôle.

Le point critique concerne la résistance. Des résistances aux pyréthrinoïdes sont documentées chez les punaises de lit, ce qui rend l’usage répété d’une même famille de matières actives contre-productif. Un traitement chimique isolé sur une population résistante disperse les insectes vers les logements voisins sans les éliminer. En immeuble, cela transforme un problème d’appartement en problème de cage d’escalier.

5.2 Rongeurs : appâter moins, exclure davantage

La lutte contre les rongeurs a longtemps reposé sur l’appâtage permanent, avec des postes garnis en continu. Cette pratique pose deux difficultés. Elle expose durablement la faune non cible, notamment les prédateurs qui consomment des rongeurs intoxiqués. Elle sélectionne des populations résistantes aux anticoagulants, phénomène documenté dans plusieurs régions.

L’approche intégrée inverse la logique. Postes de détection sans appât toxique en surveillance permanente, appâtage déclenché seulement en cas d’activité constatée, arrêt de l’appâtage dès la fin de l’activité, et travail continu sur l’exclusion et l’hygiène. Cette méthode réduit fortement les quantités employées et donne de meilleurs résultats sur la durée.

Sur le terrain bordelais, les sites qui posent le plus de difficultés combinent les mêmes facteurs : réseaux d’assainissement anciens, proximité de la Garonne ou d’un cours d’eau, chantiers en cours qui perturbent les circulations souterraines, et locaux à déchets sous-dimensionnés. Les communes de la rive droite comme Cenon, Lormont ou Floirac, avec leur parc de logements collectifs en rénovation, illustrent bien ce cumul.

5.3 Moustique tigre : la prévention avant tout

Le moustique tigre est présent et implanté en Gironde depuis plusieurs années. Sa lutte relève d’une logique où le traitement adulticide n’a qu’une place marginale, réservée aux situations de risque sanitaire décidées par les autorités. L’essentiel se joue sur les gîtes larvaires.

Un moustique tigre se développe dans de très petites quantités d’eau stagnante : coupelles de pots, gouttières encombrées, seaux, bâches, pneus, regards d’eau pluviale, vases de cimetière. Le rayon de vol est faible, de l’ordre de quelques dizaines à quelques centaines de mètres, ce qui signifie que les moustiques qui piquent dans un jardin sont nés à proximité immédiate. La suppression des gîtes est donc l’action la plus efficace, et elle est en grande partie à la main des occupants.

Pour un professionnel intervenant auprès de copropriétés ou de collectivités à Bordeaux, à Pessac ou à Talence, le rôle consiste souvent à conduire un repérage des gîtes, à former le personnel d’entretien et à établir un calendrier d’entretien des points d’eau. La surveillance entomologique et les décisions de démoustication relèvent quant à elles des autorités sanitaires, notamment de l’agence régionale de santé Nouvelle-Aquitaine.

6. Résistances : le problème que le tout produit fabrique

6.1 Comment se construit une résistance

Une population de nuisibles présente naturellement une variabilité génétique. Un traitement élimine les individus sensibles et laisse survivre ceux qui tolèrent la matière active. Ces survivants se reproduisent, et la proportion d’individus tolérants augmente à chaque génération traitée. Le phénomène est mécanique, il ne dépend d’aucune volonté.

Deux facteurs l’accélèrent : la répétition de la même famille chimique et le sous-dosage. Un traitement à dose insuffisante ne tue pas, il sélectionne. C’est la raison pour laquelle un applicateur qui « allège » un peu pour économiser du produit ou pour rassurer un client aggrave le problème qu’il prétend traiter.

6.2 Rotation des matières actives et alternance des leviers

La parade classique consiste à alterner les familles chimiques, en s’appuyant sur le mode d’action et non sur le nom commercial. Deux produits différents peuvent partager la même famille et le même mécanisme, auquel cas l’alternance est illusoire. Savoir lire une étiquette et identifier la substance active fait donc partie du travail. Côté fournisseur, les obligations du distributeur de produits biocides encadrent également ce qui peut être vendu et à qui.

La parade la plus solide reste toutefois de réduire la pression chimique globale. Un site traité deux fois par an avec un travail sérieux d’exclusion sélectionne infiniment moins qu’un site pulvérisé tous les mois. La lutte intégrée est, de ce point de vue, la meilleure stratégie anti-résistance disponible.

6.3 Documenter les échecs, pas seulement les succès

Un traitement qui ne fonctionne pas est une information précieuse. Noter la matière active employée, la dose, les conditions d’application et le résultat constaté au contrôle permet de repérer une résistance locale avant de perdre trois saisons. Ces observations remontées au fournisseur et, le cas échéant, aux autorités sanitaires contribuent à la connaissance collective.

Cette discipline documentaire rejoint l’obligation de traçabilité qui pèse sur les utilisateurs professionnels de produits biocides. Registre des interventions, produits utilisés, quantités, lieux, dates : ces éléments constituent à la fois une protection juridique et un outil technique.

6.4 Anticiper le retrait des substances actives

La liste des matières actives disponibles se réduit régulièrement. L’évaluation européenne des substances conduit à des non-approbations, à des restrictions d’usage et à des retraits d’autorisation. Une entreprise qui a construit son offre autour de deux ou trois produits se retrouve exposée le jour où l’un d’eux disparaît du marché.

La lutte intégrée constitue ici une assurance. Une entreprise dont la valeur repose sur le diagnostic, l’exclusion et la surveillance encaisse un retrait de substance sans perdre sa méthode. Une entreprise dont la valeur repose sur un produit perd son offre en même temps que le produit. Suivre les décisions d’autorisation, tester les alternatives avant d’y être contraint et former les techniciens aux techniques non chimiques relèvent donc de la gestion des risques autant que de la technique. Notre article sur les métiers concernés par le Certibiocide en 2026 donne un aperçu des secteurs les plus exposés à ces évolutions.

7. Se former au certibiocide près de Bordeaux avec TBC Formation

7.1 Le cadre du certificat et les trois volets depuis 2024

En France, le certibiocide découle de l’arrêté du 9 octobre 2013 relatif aux conditions d’exercice de l’activité d’utilisateur professionnel et de distributeur de certains types de produits biocides. Depuis le 1er janvier 2024, le certificat unique a laissé place à trois certibiocides distincts. Le certibiocide « nuisibles » couvre les produits de lutte contre les rongeurs et les arthropodes, soit les types de produits TP14, TP18 et TP20. Le certibiocide « désinfectants » couvre les TP2, TP3 et TP4. Un troisième volet concerne d’autres usages professionnels.

Un applicateur qui propose l’ensemble des prestations de dératisation, désinsectisation et désinfection a donc intérêt à couvrir plusieurs périmètres. Pour distinguer précisément ces familles de produits, notre article sur les différences entre les produits biocides TP2, TP3 et TP4 apporte le détail utile.

7.2 Durée, validité et contenu de la formation

Le certibiocide « nuisibles » s’obtient après une formation de 21 heures réparties sur trois jours, et le certificat reste valable 5 ans. Le renouvellement s’effectue dans les mêmes conditions que l’obtention initiale, en suivant une nouvelle session avant l’échéance pour ne pas interrompre l’activité.

Le programme couvre la réglementation applicable, la classification des produits, les risques pour la santé et l’environnement, les équipements de protection, les bonnes pratiques d’utilisation et de stockage, et la réduction du recours aux produits chimiques. C’est précisément ce dernier volet qui contient la matière de cet article. Le détail des modules figure sur notre page consacrée à la durée et le contenu d’une formation Certibiocide, et le périmètre des publics concernés est traité dans notre article sur à qui s’adresse la formation Certibiocide et pourquoi elle est obligatoire.

7.3 Prérequis, public et financement

La formation ne demande pas de diplôme préalable. Elle s’adresse aux applicateurs, aux techniciens d’entreprises de désinfection et de lutte anti-nuisibles, aux agents techniques de bailleurs et de collectivités, aux responsables de sites en restauration et en hôtellerie, ainsi qu’aux personnes en reconversion vers les métiers de l’hygiène. Une bonne compréhension du français écrit et oral facilite le passage de l’évaluation.

TBC Formation est certifié Qualiopi, condition d’accès aux financements publics et mutualisés. Selon la situation, plusieurs dispositifs peuvent être mobilisés : plan de développement des compétences de l’entreprise, prise en charge par un OPCO de branche, aide individuelle à la formation de France Travail pour les demandeurs d’emploi, ou aides régionales de Nouvelle-Aquitaine. L’organisme est implanté 6 Quai de Paludate à Bordeaux, dans le secteur Saint-Jean, à quelques minutes de la gare et facilement accessible depuis Mérignac, Bègles, Pessac ou la rive droite.

Questions fréquentes sur la lutte intégrée et le certibiocide

La lutte intégrée revient-elle plus cher qu’un traitement classique ?

Le premier passage coûte souvent davantage, parce qu’il inclut un diagnostic sérieux et un rapport. Le coût total sur douze à vingt-quatre mois est généralement inférieur, parce que les réinfestations diminuent et que les quantités de produits employées baissent. Pour un gestionnaire de site, l’argument décisif est rarement le prix du passage : c’est le nombre d’incidents signalés par les occupants ou par les clients sur l’année.

Peut-on vraiment éradiquer des punaises de lit sans insecticide ?

Dans certains cas oui, notamment sur des infestations détectées tôt et limitées à quelques pièces, par une combinaison d’aspiration, de traitement thermique, de lavage à haute température et de mise en quarantaine des textiles. Sur des infestations installées ou en habitat collectif, un recours ciblé à un insecticide autorisé reste souvent nécessaire. La différence tient à ce qu’il intervient en complément d’un protocole, et non à sa place.

Comment définir un seuil d’intervention avec un client ?

Le seuil se construit à partir de trois éléments : la nature de l’activité et le risque associé, la réglementation applicable au secteur, et le niveau d’exigence du client. Il s’exprime de façon mesurable, par exemple un nombre de captures sur un dispositif donné pendant une période donnée, ou toute observation dans une zone déclarée à tolérance zéro. Il est écrit dans le contrat, avec l’action prévue en cas de dépassement.

Les résistances aux produits sont-elles fréquentes en France ?

Elles sont documentées pour plusieurs espèces et plusieurs familles de matières actives. Des résistances aux pyréthrinoïdes chez les punaises de lit et des résistances aux anticoagulants chez certaines populations de rongeurs sont connues et suivies. L’ampleur varie selon les territoires et les historiques de traitement. C’est une raison supplémentaire de documenter les échecs et de ne pas répéter indéfiniment la même famille chimique sur un même site.

Faut-il un certibiocide pour poser des pièges mécaniques ?

Le certibiocide concerne l’achat, l’utilisation et la vente de produits biocides réservés à un usage professionnel. Un piège mécanique ou une plaque de glu n’est pas un produit biocide au sens du règlement européen. En pratique, une entreprise qui intervient professionnellement contre les nuisibles emploie presque toujours des produits soumis à certificat à un moment ou à un autre, ce qui rend la question théorique pour un applicateur.

Le moustique tigre relève-t-il d’une intervention privée ?

La surveillance entomologique et les opérations de démoustication décidées pour raison sanitaire relèvent des autorités, notamment de l’agence régionale de santé. Un professionnel privé intervient surtout sur la prévention : repérage et suppression des gîtes larvaires, conseil aux copropriétés et aux collectivités, formation du personnel d’entretien, calendrier de suivi des points d’eau. C’est sur ce terrain que l’utilité est la plus forte, puisque le rayon de vol de l’espèce est court.

Combien de temps faut-il conserver les registres d’intervention ?

La traçabilité des produits employés, des quantités, des lieux et des dates fait partie des obligations d’un utilisateur professionnel. La pratique consiste à conserver ces registres plusieurs années, en cohérence avec la durée de vos contrats et de vos obligations comptables. Un litige ou une réclamation peut survenir longtemps après une intervention, et un registre bien tenu constitue souvent la seule preuve de ce qui a été fait.

La formation certibiocide aborde-t-elle la réduction des produits ?

Oui, c’est même l’une de ses raisons d’être. Le programme réglementaire couvre les risques pour la santé et l’environnement et les moyens de réduire le recours aux produits chimiques. La profondeur du traitement varie selon les organismes et selon la place laissée aux cas pratiques. Poser la question avant de s’inscrire est une bonne façon de choisir sa session.

Pour conclure

Traiter moins et mieux n’est pas un slogan écologique plaqué sur un métier technique. C’est la réponse la plus efficace à trois problèmes concrets : les réinfestations qui usent la relation client, les résistances qui rendent les produits inopérants, et la pression réglementaire qui se resserre sur les substances disponibles. Un applicateur qui maîtrise le diagnostic, l’exclusion, les seuils et la surveillance conserve des solutions quand les autres n’en ont plus.

Cette compétence se construit. Elle suppose de connaître la biologie des espèces, de savoir lire une étiquette et une autorisation de mise sur le marché, de tenir des relevés et de rédiger un rapport qui engage le client autant que le prestataire. La formation certibiocide en pose le cadre réglementaire et technique, et la pratique fait le reste.

Vous intervenez contre les nuisibles à Bordeaux, à Mérignac, à Talence ou ailleurs en Gironde et vous souhaitez obtenir ou renouveler votre certibiocide ? Contactez-nous pour faire le point sur le volet adapté à vos prestations et sur les prochaines sessions de TBC Formation. Notre fiche Google Business Profile regroupe aussi les retours des professionnels que nous avons formés en Nouvelle-Aquitaine.

TBC Formation
6 Quai de Paludate, 33800 Bordeaux
+33 05 56 08 52 55
tbcformation.com

 

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